HOUPHOUET UN COMBAT

Au service de la Paix

HOMME DE PAIX ET DE DIALOGUE
(Source : Jadot Sézirahiga)

Houphouët Boigny, déclarait souvent : "J'ai la haine de la haine, disait-il et je désapprouve la violence dans les rapports entre les hommes ".

Felix Houphouët Boigny
CITATIONS

Alors que le monde - y compris l'Afrique - se déchirait à cause du problème israëlo-palestinien, Houphouët Boigny demeure, contre vents et marées, l'homme du dialogue. Il dira en substance à ses détracteurs d'alors: " La Côte d'Ivoire n'est ni avec Israël contre les Arabes, ni avec les Arabes contre Israël. La Côte d'Ivoire est pour la paix définitive au Moyen Orient ". De même, à la surprise de toute l'Afrique, le président ivoirien reçoit Johannès Vorster, président sud-africain, et s'attire toutes les foudres de la communauté internationale.
C'est que Félix Houphouët Boigny est un fanatique du dialogue. Il répète inlassablement: "le dialogue est l'arme des forts et non des faibles, c'est l'arme de ceux qui font passer les problèmes généraux avant les problèmes particuliers, avant les questions d'amour-propre… Il en est des peuples comme des hommes : le véritable dialogue, c'est autre chose et c'est d'abord la connaissance et le respect de l'autre ".
Le discours du président ivoirien sur la paix et le dialogue concernait aussi ses compatriotes. Pour lui la cohésion du peuple ivoirien avait pour condition l'esprit du dialogue et de la paix. Il professait en substance: "la paix est le préalable des préalables, qui conditionne impérativement, sur le plan intérieur comme dans le cadre de nos relations internationales, la réalisation et la consolidation de tout ce qui caractérise à mes yeux, le "fait ivoirien". c'est-à-dire la vie et le destin d'une communauté d'hommes et de femmes qui s'efforce, dans un climat de liberté profonde, de dialogue permanent et de volonté de travail, de construire et de parfaire un cadre humain juste, de prospérité partagée et de tolérance vraie, aussi soucieux de préserver son enracinement dans la vieille terre ivoirienne que de s'ouvrir aux courants les plus bénéfiques des mondes extérieurs ". Et de préciser pour ceux qui n'auraient pas saisi le sens de ses paroles: " la paix est une chose fragile, elle mérite notre constant souci et il faut veiller jalousement à préserver le climat de confiance qui seul peut assurer un dialogue permanent et fraternel entre tous les habitants du pays. Le dialogue doit être entendu comme une fonction sociale et non comme un alibi pour renforcer la position de certains, au détriment des principaux acteurs de notre prospérité ".

" La passion de la paix, c'est le plus beau titre de gloire qui puisse se reconnaître à un homme d'Etat. La paix n'est pas un mot, mais un comportement. Rien ne change tant que les hommes d'Etat n'auront pas fait de la recherche de la paix autre chose que l'habillage de leur politique. Tout changera lorsque cette recherche de la paix sera devenue l'objet essentiel, réel, de leur préoccupation et leur seconde nature. "

La paix et le dialogue avaient comme corollaires chez Houphouët-Boigny, la neutralité et l'unité. " Les conditions essentielles qui nous permettraient d'arriver à la vraie neutralité, gage certain de la paix sur notre continent, disait-il, sont : la paix à l'intérieur de chacun des états africains, la paix entre les états africains, la paix entre les états africains et le reste du monde. Il est évident que si une seule de ces trois conditions manque, tout est compromis ".

Homme de dialogue, Houphouët Boigny est resté un être profondément humaniste. Amadou Hampaté Bâ, cet autre monument de l'Afrique, dira de lui: " Il sait toujours pardonner. Il se met à l'écoute de tout le monde. Il a une patience d'apôtre, un courage de lion, un coeur de tourterelle. Celle-ci ne se bat jamais. Elle roucoule. Si vous lui lancez une pierre, elle s'envole et va roucouler ailleurs. Il en est de même pour Houphouët. Si vous voulez l'écouter, il vous donnera des conseils. Dans le cas contraire, il vous en demandera. Si vous ne lui en donnez pas, il ne vous en voudra pas. Il n'est pas prêt à haïr "
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Polémiques : Entre l'apartheid et Le Pen
(Source : Rachid N'diaye)

Si l'on devait retenir un trait de caractère du président Félix Houphouët Boigny en matière de politique internationale, ce serait la clarté. Tant et si bien que certaines de ses positions lui ont attiré les foudres de l'opinion. Exemples: le Biafra, l'Afrique du Sud, la Basilique.

Dès 1970, le président ivoirien préconise l'ouverture d'un dialogue avec le pays de l'apartheid. Bien que l'idée ait fait l'effet d'une bombe, suscité de virulentes polémiques et de violentes oppositions au sein de l'OUA, le chef de l'Etat Ivoirien reçoit en secret, en septembre 1974, le Premier ministre sud africain de l'époque, John Vorster. Tout en expliquant son dégoût pour l'apartheid, Félix Houphouët Boigny demande aux Africains de "commencer par balayer devant leur propre maison". Car, affirme-t-il, "il y a dans de nombreux pays africains, des minorités noires qui sont persécutées, qui ne sont ni dans le gouvernement, ni dans le parlement... ; Ils sont dans les souks... ça aussi, c'est de l'apartheid. Le "Sage de Yamoussoukro" estime que le système de castes, en vigueur dans de nombreux pays africains, est aussi une forme de discrimination. Houphouët Boigny conseille la prudence quand il s'agit, pour eux, de fustiger l'apartheid.

Après Vorster, c'est Pieter Botha qui se rendra à Abidjan, le 15 octobre 1988, avant la venue de Frederik De Klerk en 1990. De même, Félix Houphouët Boigny scandalise le monde noir en recevant Jean-Marie Le Pen, leader du Front national, un mouvement français d'extrême droite, réputé hostile aux étrangers.
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Hubert Maga "Il avait pris ma famille sous sa protection"
L'ancien président du Bénin, Hubert , a eu le privilège de côtoyer Félix Houphouët Boigny dans les travées du palais Bourbon à Paris, quand ils étaient tous deux députés, représentant respectivement leurs territoires du Dahomey et la Côte d'Ivoire : "Le Président Houphouët Boigny était un grand homme d'Etat qui s'est entièrement donné à son pays, la Côte d'Ivoire, ainsi qu'à l'Afrique. Il laisse un souvenir indélébile pour beaucoup d'Africains : celui d'un bâtisseur qui a toujours cultivé le sens la paix. Généreux, Il a prodigué conseils et recommandations sans rien attendre en retour.
C'est un ami et un grand frère que nous perdons à travers sa personne. Nous ne saurons pas assez le regretter, parce que, à tous les moments de notre vie, nous penserons à lui. Je n'oublierai jamais les services qu'il a pu nous rendre, à moi et ma famille, lorsque j'ai eu des ennuis politiques en 1963 et en 1972. A chaque fois, il est intervenu en ma faveur afin que je sois remis en liberté et il m'a accueilli chez lui. Il m'a Installé dans son appartement de l'avenue Mac Mahon à Paris et il s'est occupé des études de mes enfants. Pour tout dire, quand j'étais dans le malheur, il m'a aidé moralement et matériellement, cela ne s'oublie pas. Ensemble, nous avons créé le Conseil de l'Entente qui avait pour vocation d'être un grand ensemble économique, où il était le principal pourvoyeur de fonds. En mettant sur pied le RDA, il a prouvé qu'il était un visionnaire, parce qu'il fallait préparer l'Indépendance de nos Etats. La dernière fois que nous nous sommes revus, c'est lorsqu'il est venu à Cotonou (Bénin) pour assister au mariage de sa filleule qui épousait le fils du président Soglo."

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LE TRIOMPHE DE LA PAIX
Source : Fraternité Matin -Spécial Houphouët

Le prix international Félix Houphouët Boigny pour la paix créé en 1989 par la conférence générale de l'UNESCO à la faveur dune résolution parrainé par 120 Etats membres et adoptée à lunanimité est l'un des plus importants du système des Nations Unies. Mais l'histoire ne retiendra pas que cette seule valeur qui symbolise la vie ici-bas dun grand Homme à la tête d'un petit pays africain. Au- délà , elle retiendra surtout la vocation universelle comme le témoigne la désignation le 18 Mai 1993, de l'Académie de Droit International de la Haye. Cétait le triomphe de la justice, du droit et de la paix. La cérémonie d'attribution du prix International Félix Houphouët Boigny pour la paix, le 18 mai 1993 au siège de l'UNESCO à Paris aura battu tous les records possibles aussi bien par la présence de nombreuses hautes personnalités entre autres, Sa Majesté la Reine Béatrix de Pays Bas, les Présidents français et portugais MM. François Mitterrand et Mario Soares que par le nombre des interventions. Au total douze messages de paix pour honorer un leader hors pair et son action pour la prospérité. La profondeur des adresses des sommités suffisait à situer l'importance de l'événement du 18 mai 1993, au siège de l'UNESCO à Paris .

Dabord, le président du jury l'Américain Henry Kissinger a justifié en termes éloquents le choix de l'Académie par le fait qu'il est temps d'accorder une place plus importante au droit international dans la solution des conflits mondiaux parce que nous sommes dans un monde nouveau caractérisé non plus par les affrontements entre grandes puissances mais par des conflits ethniques. M.Roberto Ago (Académie de la Haye) a ensuite saisi la perche pour dire que décerner un prix international de grande audience avec les finalités qui sont les siennes, à une institution créée pour remplir une tâche noble et le faire à une époque que les Nations Unies ont qualifié de « décennie de droit international » est la marque d'une conviction profonde. Et Roberto Ago de rassurer le jury que l'Académie consacrera les ressources du prix Félix Houphouët Boigny mises à sa disposition pour la formation des jeunes qui désirent s'orienter vers les activités dans le domaines des relations internationales. Une preuve supplémentaire pour dire que le Prix Félix Houphouët Boigny restera toujours gravé dans l'histoire des institutions mondiales. Pour le Secrétaire d'Etat des Pays-Bas, M. Pieter Dankaert, l'attribution du prix Félix Houphouët Boigny à l'Académie de droit international est plus qu'un symbole parce qu'elle sinscrit dans une logique bien connue, celle du Président Houphouët Boigny dont la politique a toujours porté sur le maintien de la paix et de la neutralité en Afrique. Une philosophie politique dont le président portugais cerne les contours avec hauteur. Selon M.Mario Soares , le président Houphouët Boigny est une personnalité qui a conquis le respect par la lutte qu'il a menée au nom de la cause des peuples colonisés, dabord, et ensuite, dans la poursuite de la paix et de la bonne entente entre tous les peuples notamment les peuples africains.

Le président français François Mitterrand a souligné pour sa part quun prix Félix Houphouët Boigny signifie déjà beaucoup pour ceux qui connaissent depuis de longues années le doyen des chefs d'Etat africains. Pour lui, il s'agit d'une vie consacrée dabord à la défense des siens ensuite à l'équilibre de l'Afrique, enfin à la dépense de la paix. François Mitterrand a saisi l'occasion pour appeler les uns et les autres à aider les artisans du droit pour que soient créés, à l'intention des Etats, les instruments qui leur inspireront la confiance, des procédures qui permettront d'exposer les vues de tous et surtout celles des défenseurs de la paix. Pour tout dire, le président Félix Houphouët Boigny est un défenseur de la paix et du droit.

L'Académie de droit international de la Haye depuis sa création en 1913 consacre ses efforts et ses ressources à la diffusion de la connaissance, au développement et au renforcement du droit international. Près dun quart de siècle elle a entrepris une action originale en faveur des juristes et des diplomates du tiers-monde, en accordant des bourses permettant à des jeunes ressortissants de ces pays de participer aux sessions de la Haye. Il n'en faut pas davantage pour dire que tout cela donne une signification particulière au prix Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix. L'attribution de ce prix à l'Académie de droit international de la Haye rappelle aussi bien d'autres cérémonies- désignation conjointe de MM.Nelson Mandela et Frederik De Klerk ainsi que du trio Yasser Arafat, Yitzhak Rabin et Shimon Peres, respectivement pour le dégel politique en Afrique du Sud et au Proche-Orient. Au total le président Félix Houphouët Boigny a marqué son temps et continuera de marquer l'histoire, par tout ce quil aura laissé à la postérité par son nom.
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