Le "Vieux" a pu léguer à la postérité un monument à la mesure de sa foi: la basilique de Yamoussoukro. Réplique de celle de Saint-Pierre de Rome, ce joyau dédié à Notre Dame de la Paix a fait l'objet de beaucoup de critiques. Aux multiples contempteurs de sa réalisation, Félix Houphouët Boigny pouvait rétorquer: " Ma règle est d'or agir et laisser dire. On dit : il y a la crise et il construit une grande basilique alors qu'il y a tant de besoin sociaux à satisfaire! Je ne suis pas né catholique, je suis né animiste. Le malheur a frappé durement ma famille. J'ai perdu mon père à trois ans, et mon oncle, le frère de ma mère, le chef de région, à cinq ans. Donc, à cinq ans, je suis devenu chef. J'ai recueilli les fétiches de la famille. Pour les animistes, l'éternité est une simple transposition de la vie d'ici-bas dans l'au-delà. Autrement dit, le chef qui meurt restera chef.. D'où, avant l'arrivée des Européens qui ont mis fin à cela, des sacrifices d'esclaves pour continuer à servir le chef mort... "
La Basilique Notre-Dame de la Paix a été construite de 1985 à 1988. D'une superficie totale de 9 000 m2 ,elle a une capacité d'accueil de 7000 places assises, 11 000 places debout, 35 000 sur le parvis en forme de croix, 300 000 sur le péristyle illuminé de 1810 projecteurs. On décompte dans la Basilique de Yamoussoukro 84 colonnes de 25 m de haut et la plus grande coupole du monde (160 m). Elle est embellie par 7 500 m2 de vitraux fabriqués en Normandie.
La Basilique de Yamoussoukro a un caractère extra-territorial, inscrit dans la constitution ivoirienne. Construite grâce aux fonds personnels de Félix Houphouët Boigny, c'est une "folie" qui a coûté quelques 40 milliards de francs CFA. A ses détracteurs, le président répliquait tout simplement que " rien n'est assez beau, ni assez cher pour Dieu. "
LA SOLIDITE DE L'EDIFICE
Source: Fraternité Matin - Spécial Houphouet
Les adeptes du catastrophisme, ceux là mêmes qui avaient prédit le
pire en Côte d'ivoire après le Président Félix Houphouet-Boigny l'ont fermé ... sur
toute la ligne. Transition en douceur, longue période de deuil national durant laquelle,
le dicton «la solidarité dans le malheur a retrouvé tout son sens. En somme les
Ivoiriens ont donné une belle leçon de fidélité, de solidarité et d'unité à
l'opinion mondiale »
Fidélité: elle s'est traduite du 8 au 30 Janvier par l'hommage de la Côte
d'Ivoire profonde à Félix Houphouët Boigny. Yamoussoukro, village natal du père de la
nation, ville du futur a vécu des moments d'intenses émotions. Et malgré les
Précautions du comité national chargé de l'organisation des obsèques en limitant les
membres des différentes délégations à 200 membres personnes dans le seul objectif
d'éviter tout dérapage, chaque ivoirien de naissance ou d'adoption ne voulait pour rien
au monde rater l'occasion d'honorer la mémoire de celui qui en 33 ans a hissé la Côte
d'ivoire au rang des nations respectables en Afrique. En clair, toutes les prévisions ont
été suivies à la lettre. Que dire des 8000 âmes de Gagnoa? Des 6000 de Korhogo? Du
déferlement de Yamoussoukro?
Solidarité: un mot qu'a tant affectionné le Président défunt et dont la
matérialisation s'est faite dès l'annonce du décès du Président Félix Houphouët
Boigny. Les ivoiriens de toutes confessions religieuses, de bords politiques diverses ont
apporté le réconfort moral à la grande famille des Houphouët Boigny. Dans la
sérénité. Dans la dignité aussi. Dans le respect des traditions africaines surtout.
Unité: Elle n'est point une vue de l'esprit dans notre chère Côte d'ivoire. Des
images fortes chargées de symboles que chacun de nous a pu garder en mémoire. Chrétiens
et musulmans, protestants et harristes& en rangs serrés, le visage grave, s'inclinant
devant le portrait géant du Président de la République à la place les «Béliers»
n'ont laissé personne indifférent. Tout Comme l'image des Ivoiriens qui avaient
effectué le déplacement à Yamoussoukro avec à leurs côtés leurs frères étrangers,
qui des pays du Conseil de l'Entente, qui du Liban, qui de l'Occident... etc. Une image
parmi tant d'autres qui a donné un contenu à cette assertion " La Côte d'Ivoire
restera un pays d'ouverture. Elle est l'amie de tout le monde et l'ennemie de personne
" vérité du sage. Autre image et non des moindres: celle qui n'a pas échappé à
l'objectif des nombreux reporters photographes: L'hommage des leaders et militants de
l'opposition qui n'ont pas tari d'éloges à l'égard de l'illustre disparu. Que dire du
comportement responsable de certains d'entre eux qui ont surpris plus d'un ivoirien? Que
dire aussi des déclarations des Laurent Gbagbo, Francis Wodié, Bomba Moriféré qui ont
fait dire à certains observateurs politiques que le navire ivoire peut changer de
capitaine en haute mer sans qu'il y ait des signes inquiétant d'un naufrage collectif?
Que dire enfin de la volonté du président Henry Konan Bédié et du Gouvernement
d'associer l'ensemble de la nation, des corps constitués, aux obsèques de celui qui
était avant tout le Président fondateur du PDCI-RDA? De tous ces constats ne peuvent que
découler beaucoup d'espoirs. Espoir de continuer la route dans l'adversité politique.
Espoir de préserver l'essentiel des fondements de plus d'un demi-siècle de vie politique
de l'homme qui a réussi à ériger dans notre pays la paix: en seconde religion. Espoir
enfin de sortir du creux de la vague pour permettre aux générations futures de vivre
dans une Côte d'Ivoire prospère.
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